La start-up économie avec Amandine Négoti

Martin Cloé- Bordeaux 

Amandine Négoti est une jeune Martiniquaise de 23 ans. La jeune femme se décrit comme une personne imprévisible, entreprenante et attachée à sa liberté… financière ! Issu du lycée Nord Atlantique de Sainte-Marie classé ZEP où elle a effectué un baccalauréat littéraire Amandine tente le concours d’entrée à Science Po Paris qu’elle échoue.


À  Paris elle entame une L0 d’arabe à la Sorbonne afin, dit -elle d’en apprendre plus sur l’Algérie qu’elle a découverte via les textes de Frantz Fanon. Par la suite elle se consacre au marketing, un domaine dans lequel sa famille est impliquée et commence à travailler dès l’âge de 18 ans chez Amway. Conseillée par sa mère elle poursuit ses études en marge de son activité professionnelle. Elle poursuit des études de droit à Paris 1 Panthéon Sorbonne et de langue arabe à l’INALCO .

Aujourd’hui actionnaire de la start-up Wecashup   les missions d’Amandine se caractérisent par la recherche d’investisseurs ,de nouveaux partenariats et par l’organisation d’évènements markéting, quand elle ne travaille pas sur ses propres projets.

« Il était important pour moi de créer très jeune mon premier groupe solide »


Questions/réponses

Pourquoi avoir voulu entrer à Science Po ?

Quand j’ai découvert le monde arabe à travers mon sujet sur le devoir de mémoire franco-algérien, j’ai su que je voulais être d’une façon ou d’une autre dans la politique. Je pensais à une carrière dans la diplomatie mais cela a bien changé, maintenant devenir fonctionnaire de l’État  français est la dernière chose que je souhaite, c’est en contradiction avec mes valeurs.

D’où te vient cet intérêt pour l’histoire afro-caribéenne et comment cela a pu t’influencer professionnellement ?

Eh bien c’est venu en grandissant, je viens d’une famille modeste qui a réussi professionnellement en travaillant, et bizarrement les gens comme ça sont généralement de droite. Par exemple il ne fallait pas que je parle créole à la maison. Du coup j’avais le sentiment de ne pas connaitre une partie de mon histoire ,mais je l’ai découverte en terminale par l’étude des textes de Fanon. Arrivée en France je l’ai encore plus comprise en fréquentant des Arabes et en lisant beaucoup.

En plus de ça j’ai toujours voulu faire de la politique et c’est à cette période que mes affinités se sont affirmées, à savoir le parti au sein duquel je voulais être et les valeurs que je souhaitais défendre.

Et étant entrepreneuse il y a ce côté salarié dans lequel je ne me reconnais pas tout simplement.

Peux-tu revenir sur ton engagement politique ?


À l’origine je suis issue d’un parti très ancien le CNCP (Conseil national des comités populaires), un parti indépendantiste, dont sont issu APAL (Asé pléré an nou lité) ou « An lot chimin pou la jénès ». Aujourd’hui son principal objectif est de former des gens. Nous travaillons beaucoup avec les pays de la Caraïbe, Cuba, Saint-Domingue, la Dominique, Haïti pour avoir des échanges sur les différentes politiques de nos pays.

En 2015 avec le mouvement citoyen « Nou pèp la » lors de la premiere élections de la CTM, j’ai été 4-ème de liste, nous avons obtenu 6% de voix( à 19 ans). Aux législatives j’ai fait ma deuxième élection sur la circonscription du centre (à 21 ans).


Comment décrirais-tu la réalité du travail de réseau et de marketing ?

Dans un réseau de marketing on fait partie d’une entreprise qui vend des produits, s’il n’y a pas de produit cela n’est pas un réseau de marketing. Nous, nous sommes des vendeurs, c’est de la production à la vente sans intermédiaire. Au début cela demande du temps pour connaitre du monde et vendre les produits par la suite pour rendre le business stable il faut pouvoir fidéliser les clients.

C’est comme un supermarché avec des clients qui achètent des produits pour pérénniser ton système tu vas offrir à tes clients une carte de fidélité. Nous ce que nous proposons ce sont des parainages pour leur permettent d’acheter dans leur propre entreprise afin qu’eux-mêmes deviennent entrepreneurs indépendants de la société. Du coup plus le volume des ventes (volume d’affaires) va grossir et plus le chiffre d’affaires du groupe (Amway) sera élevé.

Et en matière de déplacement ?


À cette époque j’avais un statut « platine » et j’étais la plus jeune vendeuse d’Europe. Amway était à cette période où la génération de mes parents
commençait  à vieillir, c’était une année où ils avaient besoin de jeunes. J’ai fait partie du Conseil national de l’Europe d’Amway, le siège étant en Allemagne je devais faire l’aller-retour régulièrement. J’allais en Martinique développer ce que mes parents avaient monté.

« Au début c’est très formateur, ça nécessite de travailler avec des personnes de tous âges et avec des profils très varier. »


Comment es-tu arrivée aux start-ups ?

J’étais dans un groupe qui représentait Amway à la JECA à Marseille (Journée économique et consulaire d’Afrique) où nous expliquions le concept d’Amway. Là j’ai fait la connaissance d’une avocate qui m’a présenté le pdg d’une start-up, « Wecashup », que j’ai alors découverte.

Très intéressée par cette jeune start-up j’ai commencé à travailler sur leur lancement en fin 2016. Ils cherchaient des investisseurs à l’époque la part était à 2 euros j’ai investi 5000 euros et ce qui m’a permis de devenir actionnaires.

Aujourd’hui WeCashUp a gagné 2 fois le prix VivaTech dont le prix Emmanuel MACRON de la meilleure startup , on a été élu meilleure startup au monde au Google IOpitch night à la Sillicon Valley et on a été prix « Coup de coeur ATOS » à la BFM académie. Nous avons également des contrats avec AirFrance, la société générale, Alibaba ,Google , Amazon et 5000 e-commerçants sur la plateforme.

Ça reste un monde très compliqué, si j’avais un conseil à donner c’est qu’il s’agit du monde des affaires et il y a des requins partout surtout quand on fait de la recherche & développement.

Comment lance-t-on une start-up et en quoi cela consiste ?

Cela consiste à faire connaitre au grand public le produit en appelant les médias, avoir une liste d’invités dont des partenaires éventuelles que ce soit de futurs clients ou des investisseurs. Comme les fameuses « keynote » de Steve Jobs.

Qu’est-ce qu’un actionnaire et comment le devient-ont ?

Il existe deux manières d’être actionnaire d’une start-up suivant la façon dont on obtient des actions. Cela peut être soit par un contrat (quand tu travailles au bénéfice de l’entreprise) ou des actions achetées(le plus courant), c’est l’entrée dans le capital de la société.

Puis au niveau des AG les actionnaires prennent des décisions comme la fixation du salaire du PDG.

Qu’est-ce que WecashUp ?

Alors WecashUp est une plateforme universelle de payement et notre première cible est l’Afrique, le PDG étant camerounais. Il faut savoir que si ici tout le monde a une carte bancaire en Afrique ce n’est pas le cas. Pas parce qu’ils n’ont pas d’argent mais parce qu’ils ne croient pas aux banques parce que c’est synonyme d’impôts, de taxes et de corruptions. Donc ils ont soit de l’espèce soit du « mobile money ».

Le mobilemoney est comme un compte bancaire mais chez ton opérateur mobile, c’est un système qui fonctionne à partir de la carte sim et qui ne nécessite ni smartphone ni internet, tout passe par le réseau. Les gens disposent donc d’un portefeuille mobile .

Wecashup permet sur une seule plateforme à tous les e-commerçants du monde de pouvoir toucher tous les pays émergents (pas que sur le continent africain). Grâce à la plateforme le client a le choix entre la carte bancaire, le mobile money mais également les espèces. Par l’espèce la commande sur internet génère un numéro de facteur que le client devra payer à un point relais.


Peux-tu nous parler du projet de start-up que tu as en parallèle de Wecashup ?

Forte de l’expérience avec Wecashup et après un voyage où j’ai rencontré Jack Ma (l’homme le plus riche de Chine). À ce forum en Afrique du sud il y avait cette femme de 33 ans noirs qui avait créé une banque, 18 ans après l’apartheid et prêtait aux personnes noires . Cela m’avait beaucoup charmé.

En Afrique il y a la tontine , c’est un dépôt d’argent collecté par la communauté et qui est donné à tour de rôle. J’ai pensé à créer une tontine digitale parce que ça faciliterait la vie des gens et tout le monde pourrait voir à qui revient l’argent sur son smartphone (très répandu sur le continent).

Mon projet est de permettre aux entrepreneurs africains de trouver des financements sur une plateforme où les gens montrent ce qu’ils veulent faire. Je me suis basée sur la France où 60% des gens font des dons et ça représente 80 millions d’euros. Mon projet est de permettre à des entrepreneurs africains de bénéficier d’une partie de ces dons qui pourront évoluer en prêts par la suite.

Le modèle de la start-up te semble-t-il prometteur dans le monde d’aujourd’hui ?

Dans les pays émergents c’est sûr, en France l’on dit start-up, mais une start-up reste une jeune entreprise. En Europe l’entrepreneuriat commence à devenir à la mode, les gens sont cool ils aiment bien, voilà j’ai créé une entreprise je suis PDG, en fait la start-up nation de Macron c’est « fun ».

Mais en réalité dans tous les pays émergents être entrepreneur c’est la base. Faire des études et trouver un travail c’est super, mais en réalité quand tu dois nourrir ta famille, tu regardes ce que tu sais faire tu l’appliques et tu montes une société. Fatoumata au Mali commence par vendre des beignets et des haricots rouges devant sa maison elle devient entrepreneuse, demain Fatoumata aura un restaurant voire trois, c’est ça une start-up aussi.

Où te vois-tu dans 5 ans ?

Dans cinq ans je vivrais dans un pays chaud (rire), sûrement en Afrique mais peut-être aux Antilles. J’aimerais que ma Start-up fasse plus d’un million de chiffre d’affaires par an et qu’elle est surtout aidée plus d’un million d’entrepreneurs dans les pays émergents.

Aurais-tu des conseils à donner à des jeunes ?

Moi je me suis beaucoup questionnée sur mon parcours universitaire voire sur le choix de faire des études. Si j’avais un conseil ça serait de suivre son cœur parce que c’est là que l’on excelle et persévérer jusqu’à tenir le bon bout. N’oubliez jamais que le soleil brille toujours au-dessus des nuages comme dit mon père .

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