Sally en Guadeloupe

Rentrée en confinement le 16 mars, la Guadeloupe traverse elle aussi l’épidémie. Sally, une interprète-traductrice, partage sa crise du COVID-19 avec nous.

Témoignage suscité par Martin Cloé.


Comment cela a démarré pour toi ? À quel moment as-tu compris que cela te concernait ?

Dès les premiers cas révélés à Bordeaux. Je venais tout juste de m’y rendre pour des raisons professionnelles, et outre la crainte de tomber malade dans un climat saisonnier dont je n’ai plus l’habitude et qui implique la circulation de nombreux virus, j’ai redoublé de vigilance sachant l’existence de ce nouveau venu en terres européennes. J’étais assez choquée – plus qu’habituellement en tout cas – par l’insouciance de mes pairs, ravis de claquer la bise tout en étant porteurs de grippes ou autres rhumes sympathiques ! J’ai eu de gros soucis immunitaires durant mon adolescence, et certains automatismes sont restés : je me méfie de ce qui traîne et pourrait m’affecter avec plus ou moins de gravité.

Lorsque je suis retournée aux Antilles quelques semaines plus tard, la crise se dessinait de façon exponentielle, sur le Vieux Continent : j’en ai profité pour déménager de Saint-Barth (l’ironie voulant qu’un premier cas y soit déclaré ce jour-là) vers la Guadeloupe où j’ai fait profil bas (consciente d’être passée par plusieurs zones à risques, à commencer par les aéroports), et observé mon état de santé à l’affût du moindre symptôme.

Quelques jours avant l’annonce du confinement, j’ai décidé de faire quelques courses conséquentes, afin de tenir 2 bonnes semaines au besoin. Au final, j’ai l’impression d’avoir su lire la situation au moment où le déni régnait encore en maître.

Le confinement de Sally (crédit Sally Stainier)

Tes journées diffèrent-elles de ce qu’elles étaient auparavant ?

Du fait que mon activité professionnelle s’inscrive essentiellement dans le domaine du télétravail, le déroulé de mes journées reste sensiblement identique. Hormis l’impossibilité de faire autant de sport en extérieur que j’en ai l’habitude, pas de bouleversement majeur. J’en profite pour faire tout ce que je n’ai pas le temps de faire en temps normal : me reposer, appeler mes gens aux quatre coins du globe et fignoler ma comptabilité !

crédit Sally Stainier

Comment s’annonce la suite selon toi ?

Sombre. C’est la seconde crise économique majeure qui ponctue ma vie adulte. J’ai vécu la première de plein fouet, entre l’Espagne et les États-Unis. Tous les pays n’avaient pas été touchés de la même manière et les réalités de ces deux-là étaient glauques.

Les impacts psychologiques et sociaux de la crise sanitaire vont s’ajouter aux conséquences de la récession qui s’annonce. Je n’ose même pas estimer le manque à gagner de ma propre entreprise, sur une année 2020 qui promettait d’être glorieuse. Je sais que les effets se feront sentir sur les années à venir – de la même manière qu’après la saison cyclonique 2017. Personnellement, je ne suis pas inquiète de mon devenir entrepreneurial mais j’ai mal de penser à tous ces entrepreneurs qui vont devoir fermer boutique ou s’endetter davantage pour encaisser le choc.

Je compte sur nos créativités galopantes et solidarités diverses pour réinventer ce qui doit l’être dans nos modes de vie, de travail, de consommation (et donc de pensée !) – on ne pourra pas éviter ce qui vient donc autant l’aborder avec poigne, détermination et ouverture !

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