Etudiant pilote : Le parcours d’un martiniquais

Martin Cloé-Bordeaux 

 Isiya/Lotbô avec Cédric Ozier-Lafontaine.

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Trouver sa voie dans l’aviation

À 20 ans le martiniquais entreprend des études dans un domaine qui le passionne depuis l’enfance, l’aviation. Son rêve a commencé vers l’âge de 12 ans et c’est affirmé avec les rencontres et les expériences. Aujourd’hui il est inscrit à l’ Institut-Mermoz  d’Orly où il suit une licence théorique de pilote de ligne.

Un milieu passionnant ouvert aux Antilles

Ayant déjà une solide connaissance du domaine avec son brevet de pilote Cédric  s’oriente dans ce secteur au moment d’entrer dans les études, , il prend conscience du sérieux de son choix Il reconnaît également que c’est grâce à sa famille derrière lui et après avoir, comme il le décrit lui-même, « trainer à la ZAG » (Zone d’aviation générale), qu’il trace sa route jours après jours. En effet pour lui la ZAG représente cette espace conviviale où professionnelle et amateur peuvent échanger sur leur passion commune, « c’est la chance des Antillais ».

Question-réponse avec Cédric

L’image contient peut-être : voiture
crédit photo Cédric Ozier-Lafontaine

Tu transpires la passion pour l’aviation, en quoi ce milieu est-il intéressant ?

« D’abord parce que j’apprends au contact d’experts dans leurs domaines, des pilotes d’Air France, des mécaniciens et autres. Et puis c’est un secteur où l’on n’a jamais fini d’apprendre même après des dizaines d’années »

Cliché de Cédric Ozier-LaFontiane
Survol de l’aéroport du Raizet en Guadeloupe; crédit photo Cédric Ozier-Lafontaine 

Tu parles de réseau et « d’autres », à tu le sentiment qu’il existe une communauté dans ce domaine dans la Caraïbe francophone ?

« Ah oui, nous sommes assez nombreux, même si certains partent, grâce aux réseaux sociaux et en particulier à Facebook qui est très utilisé on peut rester en contact avec des pilotes des Antilles et personnelles  en Europe et partout dans le monde. Et puis grâce à ça j’ai pu voyager plusieurs fois dans le cockpit pour voir comment travaillaient les équipages, avoir une expérience privilégiée qu’en temps normal je n’aurais pas eue. »

  On imagine que cela n’est pas toujours tout rose.

« Déjà, il faut savoir que pour devenir pilote de ligne il faut dépenser au minimum 60 000 euros en formation, ce n’est pas donné à tout le monde. D’ailleurs je peux parler du moment où tu fais tout ce que tu peux pour y arriver mais que tu ne rentres dans aucune case, entre l’ex-Région et la CTM (Collectivité territoriale de Martinique) qui ne propose pas d’aide, pôle emploi qui te dit que tu n’as pas le bon statut et la particularité de ces études qui fait que je n’ai même pas droit à un passe Navigo, enragé j’ai écrit une lettre au président de la République ! Mais sinon je travaille autant que je peux à côté, les antillais lambda peuvent y arriver avec beaucoup de motivation .»

D’accord on comprend mieux la complexité de ta situation, mais dans le cas de la Martinique n’a tu pas le sentiment que l’aviation se porte de mieux en mieux ?

« Oui l’aviation commerciale, il y a de plus en plus de monde mais pour l’aviation privée, donc la ZAG, il n’y a rien, même pas des toilettes. D’ailleurs, la ZAG   manque un peu  d’entretien. Une fois, je suis sur la ZAG, il y a un Américain qui arrive pour récupérer son pote en Dominique et il y avait des problèmes de communication… une fois c’était le jet du prince de Monaco, on ne reçoit pas les guess dans des conditions optimum ! »

Mais que proposerais-tu pour améliorer la situation ?

 « -Déjà une aide financière pour les étudiants
-Un centre de maintenance des appareils qui pourrait servir à toutes les petites Antilles et la Caraïbe
-et Refaire une vitrine pour l’aviation d’affaires, en améliorant les compétences linguistique, il ne faut pas s’étonner que les gens aillent à Barbade. Il y a un monsieur qui s’occupe des avions privés en escale et qui s’investit sans être  aidée qui que ce soit (collectivités)  »

Maintenant parle-nous de ton expérience la plus stressante abord d’un avion.

« C’était le 6 octobre 2017, je me souviens de la date, je prends le départ depuis la Martinique à bord d’un Cessna pour la Guadeloupe, je me pose à Marie Galante puis à Pointe-à-Pitre, je vois qu’il y a un petit souci sur l’aile au niveau de la quantité de carburant, je me dis « ça doit encore être un tchack de Cessna» je passe rapidement dessus en faisant le plein, et je pars. À 7500 pieds, au-dessus de la Dominique j’entends le moteur faire des ratés, c’est l’une des pires choses qui puissent arriver, je suis tout seul et je sais que si je panique ça va empirer la situation et surtout je n’ose pas descendre en Dominique, après le cyclone il y avait l’armée américaine à l’aéroport, finalement j’ai pu rentrer en Guadeloupe sans encombre » quelle angoisse !

Pour ceux qui voudraient ce laisser tenté , comment devient-on  pilot(e) ? 

1. Passer son brevet de pilote 

  •            Dès l’âge de 16 ans

        2. Acquérir sa Licence théorique de pilote de ligne

  • 1/2 et 3 ans de formation
  • 14 certificats à obtenir dans des domaines tels que le droit aérien et la météorologie pour espérer passer à la formation pratique.

3. Formation pratique de pilote de ligne

  • 6 mois de formation
  • Où on enchaîne les heures de vol en réel et dans un simulateur de vol dans des conditions variées comme le vol de nuit.

Plus d’infos

L’image contient peut-être : ciel et plein air

On souhaite bon vol à Cédric, pense à nous revenir dans la Caraïbe ! 

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